FPFQ avec slogan

SUR LE RADAR EN 2017

Plusieurs dossiers susceptibles d’avoir des impacts sur les activités des producteurs forestiers devraient connaître une évolution en 2017. Voici 12 dossiers qui interpelleront les acteurs de la forêt privée cette année :

1. La guerre commerciale concernant les exportations de bois d’œuvre résineux canadien sur le marché américain est déjà sur toutes les lèvres. Avec 58 % de leurs livraisons destinées aux scieries de bois d’œuvre, les producteurs de bois de la forêt privée risquent malheureusement d’en faire les frais. Espérons que les négociateurs canadiens sauront obtenir une exemption pour les bois des forêts privées dans un éventuel accord. Après tout, la réalité des 450 000 propriétaires forestiers canadiens n’est pas différente de celle de leur 10 millions de confrères
américains lorsque vient le temps de vendre du bois : tous cherchent à maximiser leur revenu.

2. Menaçant nos forêts, l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette poursuit sa
progression dans l’est du Québec. Selon l’évolution de cette épidémie et les ressources
financières disponibles dans les régions affectées, les mesures de soutien deviendront
rapidement insuffisantes pour les propriétaires forestiers devant récupérer les bois affectés,
remettre les sites en production et protéger les peuplements juvéniles ne pouvant être récoltés.

Est-ce que le gouvernement du Québec convaincra le gouvernement fédéral d’intervenir dans
ce dossier? Cela apparaît comme une urgence. Entre temps, le RESAM et la FPFQ finalisent un
plan de concordance des actions qui devront être réalisées à l’échelle provinciale, de celles
nécessitant une mise en œuvre à l’échelle régionale. Ce plan permettra de mieux synchroniser
l’action de l’ensemble des acteurs qui seront impliqués dans la gestion de cette épidémie.

3. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques (MDDELCC) sera très actif en 2017 avec la révision de la Loi sur la
qualité de l’environnement, le dépôt d’un projet de loi sur la conservation et l’utilisation
durable des milieux humides et hydriques et la consultation sur la Stratégie québécoise de
l’eau. Si ces derniers répondent aux vœux des producteurs forestiers, ces projets feront une
différence entre les interventions causant un tort irréversible aux milieux humides et hydriques,
de celles entraînant des perturbations temporaires ne changeant pas l’utilisation du territoire

4. En 2017, le ministre Blanchette poursuivra-t-il l’effort de son prédécesseur pour accroître les
budgets des programmes de mise en valeur des forêts privées? Espérons-le, car ces
budgets avaient subi des baisses constantes depuis 2009, diminuant ainsi les superficies de
travaux sylvicoles réalisés grâce à ces programmes. N’oublions pas que convaincre les
propriétaires forestiers du bien-fondé de la récolte du bois sera plus facile si cette étape s’inscrit
dans une séquence sylvicole complète, c’est-à-dire que l’on récoltera plus de bois si un soutien
existe pour la remise en production et l’éducation des peuplements.

5. Le secteur faune du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) cherche à étendre
aux terres privées les dispositions réglementaires protégeant l’habitat du poisson et les
espèces fauniques menacées ou vulnérables. En conséquence, de nouvelles obligations
pourraient être imposées aux propriétaires forestiers! Espérons que les mesures proposées
tiendront compte du contexte de la forêt privée et qu’on misera sur des servitudes de
conservation volontaires et des mesures incitatives, comme le suggèrent certains groupes
environnementaux.

6. Dès avril, les modalités de livraison du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts
privées devant être respectées par les conseillers forestiers seront déterminées à Québec
plutôt qu’en région. Ces changements devraient laisser une plus grande latitude professionnelle
au jugement de l’ingénieur forestier sur le terrain, ce qui réduira, semble-t-il, les formalités
administratives. Il devrait s’en suivre une réduction des frais administratifs des agences et des
conseillers forestiers favorisant ainsi une hausse de la proportion des budgets dédiés aux
travaux en forêt. Un mirage?

7. Où ira le bois de la forêt privée en 2017? Si les industriels sont friands de certains produits,
plusieurs essences et catégories de qualité demeurent sans grands preneurs. L’évaluation des
volumes mobilisables en forêt privée, actuellement menée de concert par le MFFP et les
syndicats de producteurs forestiers, nous permettra de mieux caractériser les produits
orphelins. Souhaitons que ces volumes attirent des investissements industriels pour favoriser
leur transformation. Cela pourrait être un bon suivi du Forum Innovation Bois.

8. En début d’année, le gouvernement du Québec étudiera le projet de loi pour accroître
l’autonomie et les pouvoirs des municipalités. Pourquoi ne pas en profiter pour transférer le
pouvoir de réglementer la protection du couvert forestier des municipalités locales vers les
MRC? Dans une majorité de cas, les MRC détiennent davantage de ressources pour définir des
réglementations respectant de plus en plus les sciences forestières et en assurer le contrôle.
Cela faciliterait les lieux de discussions sur cette question entre les élus municipaux et les
acteurs forestiers. La FPFQ tentera certainement de convaincre les unions municipales des
avantages de cette approche.

9. En rédaction depuis plusieurs mois, le Plan d’action national sur la production de bois verra
le jour en 2017. Ce document aidera les acteurs de la forêt privée à focaliser leurs actions
respectives sur un objectif commun.

10. Quelles seront les conditions de vente de bois rond sur les marchés des produits forestiers en 2017? La commercialisation du bois de sciage résineux sera affectée par les conditions imposées par les Américains dans le cadre du conflit du bois d’œuvre. Le bois de trituration résineux manquera de preneurs d’autant plus que le marché est déjà saturé en copeaux résineux provenant des scieries. Heureusement, la demande devrait se maintenir pour les bois d’essence feuillue. L’excès d’offre de bois rond sur les marchés aura cependant un impact déterminant sur les prix qui seront offerts aux producteurs de bois des forêts privées québécoises.

11. Plusieurs négociations sont en cours entre les syndicats de producteurs forestiers et les
associations de transporteurs régionaux. Ces négociations mèneront à de nouvelles
conventions de conditions de transport de bois de la forêt privée.

12. Hourra! Le Plan canadien de lutte contre les changements climatiques et de croissance
économique, récemment adopté par les gouvernements provinciaux, misera sur la sylviculture
des territoires publics et privés. Il ne reste qu’à lier cette orientation à des programmes qui
multiplieront les efforts en cours, notamment pour remettre en production les territoires
affectés par la TBE qui deviendront des émetteurs nets de carbone.

Ces enjeux constituent autant de dossiers qui seront suivis par la FPFQ au cours de la prochaine
année.