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Le lobby du bois d’œuvre

Les producteurs de bois d’œuvre du Québec et du reste du Canada attendent impatiemment qu’un accord se règle avec les États-Unis dans le dossier du bois d’œuvre. Le problème, c’est qu’il est très difficile de satisfaire le gourmand lobby des producteurs américains.

Certains analystes s’attendent à ce qu’une entente se signe dans les prochaines semaines. Il y a quelques jours, le journaliste François Normand rapportait que les deux pays étaient sur le point de s’entendre. Sauf que le secrétaire américain au commerce a fait l’erreur de ne pas consulter au préalable la coalition américaine sur le bois d’œuvre, qui s’est rapidement opposée à l’entente de principe, morte et enterrée la journée même.

La U.S. Lumber Coalition, auparavant connue sous le nom de Coalition for Fair Lumber Imports, est une alliance de producteurs américains de bois d’œuvre, grands et petits, qui tire les ficelles depuis les années 1980 dans cette interminable saga.

Concentrés dans les États du Sud et de l’Ouest des États-Unis, ils dépensent des millions de dollars depuis plusieurs années en lobbying pour exercer une pression sur Washington et sur les politiciens de ces régions pour appuyer des projets de loi visant à restreindre les importations canadiennes.

Ce n’est pas « Trump », ou « le gouvernement américain » qui trouve que c’est une si bonne idée d’imposer ces tarifs. C’est ce lobby, qui cherche avant tout à protéger les parts de marché de ses membres.

Rappelons que les États-Unis ont imposé des droits antidumping de près de 7 % sur le bois d’œuvre le 26 juin dernier, qui viennent s’ajouter aux droits compensatoires de près de 20 % annoncés en avril.

Renégocier l’ALENA ?

C’est dommage que le lobby des consommateurs américains, lui, ne soit pas aussi efficace que celui des producteurs.
La National Association of Home Builders (NAHB), qui joue ce rôle du mieux qu’elle peut, soulignait récemment que ces tarifs imposés au bois canadien feront augmenter le prix de 8,8 % pour les consommateurs américains et ajouteront 1700 $ US au coût de construction d’une maison.

Qui plus est, les constructeurs américains auraient bien besoin du bois d’œuvre canadien ces temps-ci. Toujours selon la NAHB, un constructeur sur cinq est maintenant aux prises avec des problèmes d’approvisionnement.

L’administration Trump dit vouloir renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), promesse faite pendant la campagne électorale, afin d’aboutir à une situation gagnant-gagnant pour les deux pays.

C’est bien beau de vouloir renégocier l’ALENA, mais je doute que la diminution du pouvoir des lobbys fasse partie de l’agenda. Il le faudrait, pourtant. Car à part une minorité, tout le monde perd en ce moment avec ce conflit.

Source: DAVID DESCÔTEAUX, JDM